Jouer au Bayern de Munich est un rêve devenu réalité. J'ai tout pour être bien ici. J'ai joué tous les matches (hormis celui du 24 février, contre Wolfsburg car j'étais grippé), que ce soit en championnat, en coupe ou en Ligue des Champions. Bien sûr, il y a des hauts et des bas. Je ne me suis pas encore tout à fait adapté à mon nouveau club. Je ne me fais cependant aucun soucis: je suis souvent meilleur lors de ma deuxième saison dans un club. Si je me sens aussi bien ici qu'à Hambourg l'an dernier, je crois que je ne voudrai jamais quitter ce club. Le Bayern de Munich est pour moi l'un des cinq meilleurs clubs du monde. Dans l'infrastructure, dans tout. C'est le top. Je suis très fier de jouer ici. Il ne faut pas oublier d'où je viens... J'ai d'ailleurs appris que déjà au Sporting de Charleroi, le Bayern me visionnait. Ils avaient entendu qu'un jeune était monté de la P4 à la D1, ce qui n'est pas courant.
Je suis très fier de pouvoir porter le numéro 5. C'était le numéro de Beckenbauer. Ca me met une pression supplémentaire mais c'est surtout une grande fierté, parce que cela veut dire que mes qualités footballistiques ont plu à ces ténors du ballon rond. C'est également un pied de nez à ceux qui pensent que je suis arrivé là où j'en suis par hasard.
Impossible de ne pas associer les cent premières années de la très belle histoire du Bayern au prénom Franz. Jugez plutôt: le meneur des 11 esprits rebelles qui décidèrent de créer le FC Bayern au restaurant Gisela de Munich la nuit du 27 février 1900 se nommait Franz John. Un autre Franz est à la base de l'indépendance du Bayern vis-à -vis club MTV 1879 -qui n'avait, jusque là , jamais autorisé telle prise de liberté. Plus incroyable encore: cent ans plus tard, c'est un autre Franz (Beckenbauer, cette fois) qui dirige le Bayern de Munich. Un club à présent expérimenté et riche d'innombrables succès.
En cent ans, le club a beaucoup évolué. Franz John érigea le Bayern à partir de rien. Des résultats tels que la victoire 7-1 lors du premier match du Bayern contre le MTV 1879 ne pouvaient donc que le satisfaire. Mais Franz John donna également à ce grand club une touche personnelle. A l'époque, les spectateurs reconnaissaient les joueurs du Bayern - qui s'appelait à cette époque le Schwabinger Bayern- grâce à leur chapeau de paille. Franz Beckenbauer a, pour sa part, contribué à faire du Bayern le grand club qu'il est aujourd'hui: un club européen soutenu par des millions de fans, une institution qui va bien au-delà du football allemand.
Même dans ses rêves les plus fous, Franz John n'aurait pu imaginer tel destin: son club allait être, à plusieurs reprises, champion d'Allemagne, vainqueur de la Ligue des Champions et même vainqueur de la coupe intercontinentale. Il n'aurait certainement pas pu croire non plus qu'un beau jour de printemps 1999, Beckenbauer allait rencontrer les plus grands chefs d'état, et qu'un certain Tony Blair lui dirait que parmi ce beau parterre, c'était lui le plus connu.
Entre Franz et Franz... quelle incroyable histoire!
(D'après "A Century of success")














